Samedi 7 septembre 2024
Très bien dormis et surtout un copieux déjeuner, œuf, bacon, toast, croissants confiture, yougourt, fruit, jus et café. WoW, pas eu ça souvent dans nos voyage.

Quand nous quittons il pleut, le temps est gris, en espérant que ça ne dure pas. Nous avons la journée pour nous rendre à Cherbourg, 170 km plus au nord.
On est pas pressé et on s’organise pour passer dans de petits villages. Pour se faire il nous faut traverser Granville, et comme le nom le dit bien…c’est une ville.
Mais c’est parfait, en traversant la ville nous arrivons sur un marché public et on aime à s’arrêter dans ces marchés.

C’est ici qu’on décide pour notre souper, ce seras de poisson.
On en profite également pour se dégourdir les jambes. En montant sur les hauteur on a une belle aperçu de la ville.

Nous repartons sans savoir se que la route nous réserve.
Nous voyons une affiche nous annonçant les ruines d’un château à Regnéville. On en demande pas plus, direction Regnéville.
Quand l’affiche annonce château en ruine, c’est bien vrai, c’est en ruine.

Ce château datant du XIVe siècle ne résiste que très peu de temps aux guerres et aux sièges qui se succèdent en 1378, 1418 et1449. De cette période médiévale troublée, il ne reste aujourd’hui que le donjon éventré, une salle voutée servant de cave au nord de la basse-cour et quelques fondations.
Mais l’histoire de ce château est intéressant.
En 1349, Charles dit le Mauvais, devient roi de Navarre à la mort de sa mère Jeanne. Il dispose localement du château de Regnéville.

En pleine guerre de Cent Ans, la présence d’un port dynamique comme celui de Regnéville impose de renforcer la défense du site défavorisé par sa position basse et les progrès de l’artillerie. A partir des années 1360, Charles le Mauvais porte donc toute son attention sur le château.
Depuis le début du XV siècle, seule une petite garnison d’une vingtaine d’hommes assure la défense du château sous les ordres directs d’un capitaine. La mission principale des gens d’armes est de surveiller le trafic portuaire et d’en prélever les taxes.
En 1486, le roi de France, Charles VIII, se libère de la charge du château en le confiant à Jean du Mas contre une somme annuelle de 20 livres par an (environ 2 450 € aujourd’hui).

Un aveu de 1518 nous renseigne sur un accident qui s’est produit à plusieurs reprises. Le château est mis en ruine, par de fortes tempêtes et par l’affluence des eaux de mer. Les dégâts sont tels que soixante ans après le château est toujours à demi ruiné.
En 1603, le fief de Regnéville est vendu à Isaac de Pienne, seigneur de Lingreville et Bricqueville-sur-Mer situés à quelques kilomètres plus au sud du château. Depuis Regnéville, il participe à une conspiration du parti protestant, qui se propose de soulever la Normandie pour faire diversion au siège de la Rochelle de 1628.

Alors que Louis XIII a ordonné en 1626 la démolition des fortifications des villes qui ne sont pas aux frontières ou jugées importantes pour le royaume, le château de Regnéville est pour un temps épargné.
En 1637, soit 11 ans après l’ordonnance de démolition de Louis XIII, le château fort est rasé
Et voilà pour la petite histoire du château de Regnéville.
Avant de repartir, nous prenons notre petit dîner sur place…..dans l’auto, la pluie a repris.
Étape suivant, le château Pirou, lui aussi c’est au hasard de la route que nous le découvrons.
Mais, au moins celui là n’est pas en ruine……mais il n’est pas neuf, neuf.

Suite au premier fortin en bois, à la fin de la seconde croisade (vers 1149), la forteresse est réédifiée en pierre, ceinturée de trois douves et protégée de cinq portes défensives munies de pont-levis.

Du Xle au XIle siècle: la famille de Pirou possède le château.
Un chevalier de Pirou a pris part à la bataille de Hastings (1066) lors de la conquête de l’Angleterre.
Pendant la guerre de Cent Ans un grand nombre de propriétaires se succèdent.

Une fois la paix revenue, jusqu’à la moitié du XVIle siècle, le château revient par voie d’héritage à la famille Du Bois.
De la moitié du XVIle siècle à la Révolution: le château appartient à la famille Vassy.

De la Révolution à la fin du XVIlle siècle: le château cesse d’être habité noblement. Il est acheté par de riches bourgeois.

Au début du XIXe siècle: le château devient une ferme. Les habitants donnent la priorité au côté pratique; ils emplissent les douves de fumier et se servent de pierres pour construire des cabanes à moutons, des clôtures pour leurs champs.

Durant tout le XIXe siècle, sa décrépitude s’accentue et les pierres sont dispersées aux alentours : le château connaît un véritable pillage.

En 1840, le château devient un repaire de contrebandiers important du tabac de Jersey. Ceux-ci font courir de sinistres histoires de revenants et de sorcellerie afin d’intimider les curieux.
Enfin, le château connaît plusieurs ventes successives, avant de redevenir une ferme.

Pour terminer je vais vous raconter…..
LA LEGENDE DES OIES DE PIROU.
(Légende se rapportant aux invasions Scandinaves)
Quand les Normands, vinrent faire la conquête de ce pays, ceux d’entre eux qui s’emparèrent de cette contrée furent longtemps arrêtés par le Château-Fort de Pirou. Le jugeant imprenable, ils renoncèrent à l’enlever d’assaut et, pour le réduire par la famine, ils en entreprirent le blocus.
Après un siège interminable, ils constatèrent qu’un silence de mort régnait dans le château. Craignant un stratagème ils laissèrent passer un jour entier, puis le lendemain tentèrent l’escalade. Le château était désert. Ils ne trouvèrent qu’un vieillard grabataire auquel ils promirent la vie sauve s’il leur disait ce qu’étaient devenus le Sire de Pirou, sa famille et sa garnison. Le vieillard leur expliqua alors qu’à l’aide d’un grimoire le Seigneur et toute sa maison s’etaient changes en oes sauvages pour échapper a leurs assaillants. Les Normands se rappelèrent en effet qu’ils avaient vu, la veille, au lever du jour, une quantité d’oies cendrées prendre leur essor au-dessas des remparts.
Et voilà mes amis c’est tout pour ce soir, si vous êtes bien gentil demain je vous raconterais comment se termine cette légende.
Parce que pour moi il est l’heure d’aller me coucher.